Rentrer.

Rentrer. C’est le terme à utiliser lorsque ton expatriation de plusieurs mois (de mon côté) ou de plusieurs années (pour d’autres) prend fin. « 17 mai. Je rentre en France ».

Au début, t’es tout excité(e) (je veux dire une fois que t’a mis les pieds en france et que t’a terminé de pleurer toutes les larmes de ton corps aux portes de sécurité et dans l’avion, pas avant hein), tu revois tes amis, ta famille, tout le monde est heureux de te retrouver. Et puis en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, tu reprends ta vie là où elle s’est arrêtée, presque automatiquement. Ton quotidien.

Tout d’un coup, tu prends du recul et tu te rends compte qu’ici, en France, ces mois de vie « ailleurs » n’ont existé que pour toi, dans ta tête, dans tes souvenirs. Que personne ne sait et personne ne peut se remémorer tout ça avec toi. Que tu es seul(e) avec tes souvenirs. Et vient la première fois où tu te surprends à penser « je voudrais bien rentrer à la maison maintenant », sauf que tu ne parles pas de la France, mais bien de là bas. Le pays qui t’a accueilli pendant plusieurs mois, celui où tu te sentais comme un poisson dans l’eau, où tu t’es construit un quotidien, un entourage et que tout allait bien.

Tu skypes un coup ceux qui sont encore là bas, et là, grosse claque : rien n’a changé. Ha, en fait si, maintenant, c’est toi de l’autre côté de l’écran. T’a plus 6H de retard, t’es celui qu’a 6H d’avance.

Finalement, faire le choix de partir, c’est aussi prendre la décision que tu ne te sentira plus réellement chez toi à un seul endroit. C’est le jeu. Mais ça, tu ne le sais qu’après.

Alors tu mets tout ça dans un coin de ta tête et tu essayes de ne pas y penser.  Une fois par semaine t’es pris aux tripes et tes émotions sont vives, tu check le prix des billets d’avion juste pour te rassurer et te dire que bientôt, tu rentreras, juste pour serrer tout le monde fort dans tes bras, juste pour avoir l’impression que 6000km de distance ce n’est pas tant que ça et que tu peux le faire sur un coup de tête.

Bref, je repartirais.

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  • Bonsoir.
    Ça, c’est un article qui me parle. Je suis partie plusieurs mois à Montréal durant mon année de césure. Quand je suis rentrée en France, j’ai cru avoir vécu un rêve. Comme toi, j’ai l’impression que Montréal est devenu mon chez moi mais pourtant quand j’étais là bas, la France était mon chez moi.. Montréal me manque …
    Des bisous
    Leslie

    • Bonjour Leslie, merci de ton petit mot, c’est rassurant de savoir qu’on est pas seule à ressentir ça. Montréal me manque aussi beaucoup, mais pourtant, je n’arrive pas à savoir si cela signifie qu’il faut repartir et s’installer pour de bon. Ce n’est pas insupportable comme sensation, ce n’est pas de la dépression mais c’est un sentiment bizarre qui est juste omniprésent au quotidien. C’est peut être normal, je ne sais pas. Belle continuation à toi 🙂